31.03.2009

Marquise, votre crise prime mon moral

Je ne suis pas un fervent adepte du haro sur le baudet concernant la distribution de primes, stock option et autres bonus aux dirigeants, il me semble en effet trop facile de désigner quelques individualités et de les livrer à la vindicte populaire, les élevant (abaissant) au rang de bouc émissaire alors même que d’une part le principe des primes n’est à mon sens pas à remettre en cause en cas de résultats positifs et que d’autre part, en traitant ainsi le problème on ne résout rien, on livre seulement au bon peuple le « panem et sircacens » d’une façon un peu violente mais tellement efficace.

La solution ne serait-elle pas simplement dans la mesure, la réflexion et l’honnêteté intellectuelle ? Prenons l’exemple de Chevreux. D’après le journal Libération, l’entreprise en question licencie 75 personnes et, dans le même temps, distribue 51 millions d’Euros de primes diverses à 800 cadres.
Pour ce qui me concerne, chaque élément pris séparément n’est en rien choquant. C’est la concomitance des deux qui l’est et particulièrement l’inintelligence – ou à tout le moins, le manque de discernement - des dirigeants.
Simple calcul : imaginons que les personnes licenciées soient grâcement payées, par exemple 5000 euros brut par mois, soit, chargés 10.000 euros par mois (frais généraux inclus). La masse salariale annuelle est donc de 9 millions d’Euros.  Les 51 millions distribués au cadre auraient donc assurés 5 ans et demi de salaire à chacun de ces salariés.
On peut imaginer que les dirigeants de Chevreux anticipent l’avenir et que les licenciements soient utiles à terme, on peut également  imaginer que les contrats de travail prévoient des primes. Cela étant, en une distribution de prime de moitié inférieure (soit 25 millions tout de même) et l’annonce de licenciements à 2 ans par exemple auraient été socialement plus respectueux, économiquement équivalent et nettement plus efficace en terme d’images.

Tout est donc affaire de moins d’égoïsme et donc de plus de conscience de l’autre.

Pourrait-on tirer une règle générale de cet exemple ?

J’en appelle aux lecteurs qui je n’en doute pas, me corrigeront si j’écris des bêtises – je ne suis pas un spécialiste de la chose.

Prenons une entreprise x. Cette entreprise traverse une phase difficile et doit donc théoriquement licencier. Parrallèllement, elle a des commerciaux qui ont des contrats de travail liant leurs rémunérations à leurs résultats. Quoi de plus classique ? (je prends l’exemple des commerciaux, bien plus digeste que celui des traders par les temps qui courrent).
Ne pourrait-on pas imaginer un principe qui ressemblerait à celui-ci :
1.    Les primes sont calculées d’une part à la performance personnelle et d’autre part sur la santé globale de l’entreprise.
2.    Si l’entreprise est en position de licencier un pourcentage supèrieur à xx (par exemple 2%) de ses salariés, la deuxième partie des primes n’est versée qu’une fois calculée le montant nécessaire à la sauvegarde des dits emplois pendant une période donnée (disons 1 an). La somme en question est réintégrée, le reste est distribué selon les contrats de travail.
Dans le cas de Cheuvreux, cela donnerait :
Somme à distribuer au titre des primes : 51 millions (soit en moyenne 64 K€ par pers.)
Somme nécessaire à la sauvegarde des emplois pendant 1 an : 10.000 € x 12 x 75 = 9 millions
Somme restant pour les primes : 42 millions (soit 52K€ par personne)
Avec ce raisonnement, les primés auraient perdu 10% de leur primes et les 75 employés auraient continuer de travailler à la réussite de l’entreprise, sans compter l’absence de dégradation d’image de marque de celle-ci.

Autant que je sache, ceci pourrait aisément faire l’objet d’une loi, mais, comme le disait hier un économiste dont le nom m’échappe, il est bien dommage dans un pays comme la France, de devoir en arriver à la loi.

21.08.2007

pédophilie, la bonne réponse ?

Après l’atrocité.

L’été et les media ne nous auront pas épargné leur lot d’histoires sordides au premier rang desquelles ce qu’il convient d’appeler « l’affaire Enis ».

La pédophilie est une maladie et un crime atroces, tout le monde en convient, je ne veux pas m’étendre sur ce point.

Monsieur Evrard (qu’on appelle « Evrard » ainsi que tous les coupables ou présumés tels comme si la société voulait, en lui ôtant le mot « monsieur », le privé de tout rapport avec elle) est sans nul doute un malade, certainement un criminel, la justice le dira.

Je me pose cependant quelques questions sur les mesure que nous proposent le gouvernement et finalement bien peu critiquées par l’opposition (à ma connaissance, seule madame Lebranchu, s'est émue).

Qu’en est-il ?

Les « délinquants sexuels » (violeurs en série, pédophiles, etc) et les « criminels les plus dangereux » «  ne sortiraient de prison qu'à deux conditions : l'exécution de leur peine et l'examen de chacun d'entre eux par un collège de médecins pour voir s'ils sont dangereux ou pas » (Nicolas Sarkozy – Reuters)

Encore une fois, je ne prends aucunement la défense de la population visée mais, comme je l’ai voulu sur ce blog, je m’interroge avec autant de recul qu’il m’est possible et j’espère lire vos points de vue qui m’éclaireront.

  1. Il est important de noter que Monsieur Evrard n’a pas bénéficié de remise de peine, son cas n’est donc pas exemplaire de ce strict point de vue.
  2. Un délinquant commet un crime, il est jugé puis condamné. Cette condamnation, de tous temps, a été considérée comme le « prix a payer » à la société pour s’amender. Une fois sorti de prison, le délinquant est donc théoriquement « lavé », il ne doit plus rien, il bénéficie même du « droit à l’oubli » inscrit dans les textes (en ce sens, la publication des portraits des criminels après leur sortie me semble être totalement aberrant).
  3. La loi qui nous est proposée, remet dans les mains du corps médical, la possibilité ou non pour un futur ex détenu, de sortir.
  4. Enfin, qui sont les « criminels les plus dangereux » ?

Prenons un délinquant « normal » (non reconnu comme psychologiquement atteint, un bon vieux criminel d’antan, multirécidivistes) … il passe son temps de prison à dire qu’il va se venger ou simplement recommencer parce qu’il aime ça … qu’adviendra-t-il de lui ? Qui va décider si il est apte à sortir ou pas ?

Intéressons-nous au cas des « malades », sur le principe, la justice a tranché, elle a condamné. A l’issu, l’homme (ou la femme) sont « quittes ». Sur le principe encore une fois, un hôpital « fermé » est une prison ni plus, ni moins, la médecine (on peut se poser la question de son indépendance contrairement à celle de la justice) va donc décider en lieu et place de la société si un homme est libre ou pas et si il l'est, il sera remis en "prison".

Je ré insiste – chacun comprend que c’est important – sur le fait que les crimes dont je parle sont atroces, mais je me place sur le terrain des principes : soit un homme a payé et il est libre, soit il n’a pas payé et il est emprisonné, dans tous les cas, c’est la justice (et donc nous) qui s’en assure.

Mais alors, que faire ?

Il est évident que l’affaire Evrard pointe du doigt une situation ubuesque, mais que n’avons-nous pas soigné cet homme pendant les 27 ans de son emprisonnement ? Qu’attendions-nous ? Quelles furent ses mœurs derrière les barreaux ? L’avons-nous protégé de ses pulsions ?

Et demain, à la sortie de cet hôpital qu’on nous promet, concentrant les pires criminels du moment, tous frappés, c’est à parier d’ostracisme, qui nous dit que moult photographes ne viendront pas saisir les visages de ceux que la société a banni ?

Autant que je puisse en juger, si il est évident qu’il faille trouver des solutions, celles-ci ne me semblent pas bonnes !

Mais, comme à mon habitude, j’espère recueillir ici le point de vue de lecteurs plus éclairés que moi, c’est mon seul but

 

11.06.2007

du nouveau dans l'image

Une fois n'est pas coutume, je vais parler d'une entreprise dont j'ai entendu dire que ses objectifs étaient louables malgré une apparence bien mercantile.

Le site internet PixBurger propose de vendre les images des photographes professionnels et amateurs (en d'autres termes tous) ! Ne vous inquiètez pas, tout cela sera évidemment modéré.

A qui seront vendues les images ? Aux professionnels (en cela, le site inverse le flux "classique" du BtoC pour le transfor mer en CtoB) de la publicité, des media, de l'édition et même ... des blogggueurs ! Car il faut le savoir, reproduire une image où que ce soit, sans autorisation est tout simplement illégal, on parle beaucoup des youtube, dailymotion et des sites de téléchargement ... la curée est encore bien pire sur le marché de l'image où bien peu sont payées notamment sur Internet.

Je vous parlais de l'objectif de cette nouvelle banque d'images qu'est PixBurger ... évidemment, l'argent est sans nul doute l'un des moteurs (mais quelle entreprise peut s'en passer ?) derrière l'apparence, il y a la volonté de trouver ces b6f3759443ce263a8030b98bff7230ea.jpgimages d'actualité qui font que la planète tourne un peu mieux, simplement un peu mieux, comme celle-ci qui prise en 97 par Hocine Zaourar reporter à l'AFP qui est l'un des exemples les plus criants de ce que peut faire une image sur les opinions politiques et - parfois - sur les gouvernements !

 
www.pixburger.com devrait ouvrir dans quelques jours et donner à tous les photographes ou reporters que nous sommes potentiellement l'occasion de montrer leur talent et ce  que leurs yeux voient !

20.03.2007

le social et l'entreprise ???

Politique industrielle ou politique sociale ?

 

J’entendais hier une passe d’armes entre partisans de la prééminence d’une politique sociale et ceux qui prônent une politique industrielle forte comme préalable à toute évolution … sociale.

Les uns et les autres ayant au final le même objectif : résorber le chômage, augmenter les salaires, … notre bonheur en somme.

 

En les écoutant, piètre économiste que je suis, je tentais de réfléchir aux deux hypothèses.

 

Une politique sociale, basée – en l’espèce – sur une augmentation des salaires et le partage du travail permettrait d’augmenter le pouvoir d’achat et de rendre « disponible » des heures de travail à répartir entre les inactifs.

Le SMIC est aujourd’hui je crois à 1200 € ou à peu près, l’augmenter de 2,5% équivaudrait à verser (brut) 30€ de plus par mois … le prix d’un jean ou 360 € par an … le prix d’une console de jeu (c’est un exemple). Je me demande dès lors si, à l’instar des baisses d’impôts (6 milliards d’Euros c’est bien ça ? (ramené à mon portefeuille, ça donne quelques euros par an)) l’effet escompté serait plus dû à l’annonce qu’à l’augmentation individuelle censée relancer la consommation et donc l’industrie et donc l’emploi – on peut d’ailleurs se demander si l’effet collatéral de l’annonce en question ne serait pas – au moins un peu – de relancer l’inflation.
Il nous reste les heures de travail … si on ne sait pas vraiment ce que donne les 35 heures – chacun prêchant pour sa paroisse et annonçant des chiffres opposés, on peut tout de même réfléchir. Prenons une PME d’une dizaine d’employés qui « consomme » donc 350 heures au lieu de 390 soit une baisse de 10% grosso modo et l’équivalent d’un employé de plus (ou de moins). La PME en question a deux possibilités : augmenter le nombre d’employés ou augmenter la productivité de ceux-ci. J’imagine que les deux solutions co existent ce qui fait que le temps de travail partagé n’est pas égal à celui libéré et que par conséquent on a augmenté la pression du travail sur bon nombre de salariés en voulant au départ l’alléger.

 

Très bien, alors, commençons par une politique industrielle et écoutons ses promoteurs : limitons les charges salariales qui permettront aux entrepreneurs de recruter, massivement allégés qu’ils seront.
Prenons notre PME et gageons qu’elle fait le pari de recruter (ça tombe bien, elle était en sous effectif). 80% des entreprises sont des TPE, elles représentent en France 10% de l’emploi. 0,4% ont plus de 250 salariés, elles représentent 47% de l’emploi ! Soit une masse de 20 millions de travailleurs potentiels dont 2 millions dans les TPE soit 200.000 entreprises, si 1 sur 2 recrute une personne nous aurons créé … 100.000 emplois … un vrai gisement !

Tournons nous vers les grosses entreprises qui représentent 10 millions d’emplois et allégeons les charges salariales …
Sans être « anti patron » en évitant seulement d'être trop naïf, on peut imaginer que les économies ainsi réalisées n’iront ni à la création d’emploi ni à l’augmentation des salaires. Pourquoi ? Parce que ces mêmes entreprises ont des actionnaires et qu’on le sait, l’actionnaire n’est pas (plus) un grand « longtermiste », il faut de la rentabilité et de préférence, tout de suite ! Donc, nos fameuses économies vont au mieux dans l’investissement, au pire dans les dividendes.

 

Mais alors … qu’est ce qu’on fait ?

Et bien, je ne sais pas et je serai heureux qu’on me l’explique.

 

Et si par exemple on obligeait une entreprise, quelle que soit sa taille, à réserver 10% des actions à ses salariés (oui, gratuitement) avec obligation de garder lesdites actions pendant un temps donné. C’est stupide ? C’est trop proche de la « participation », c’est trop détournable ?

 

 

28.02.2006

COMMENTAIRES BIENVENUS

Une erreur de manipulation vous interdisait de commenter mes "posts".
Sentant une énorme frustration dans la foule de mes lecteurs et après des recherches aprofondies, j'ai corrigé l'erreur.

Vos commentaires sont donc maintenant et à nouveau ... les bienvenus.

11.01.2006

L'ECOLE ET LE MARCHE

On le sait, les marques sont présentes depuis longtemps à l’école : Danone au travers de programmes nutritionnels notamment mais il est loin d’être seul : la présence de marques commerciales est de plus en plus flagrante dans les ouvrages scolaires et nos chères têtes blondes étudient les rudiments de la commercialisation et du marketing dès la classe de 6ème  (ce qui n’est pas nécessairement un mal).

Jusque là on pourrait ne pas s’offusquer d’une situation « win win » - comme on dit dans le business – jusque là.

En Grande-Bretagne, on apprend que des collèges motivent les meilleurs élèves par le don d’argent, en France notre ministre, Gilles de Robien, évoque en parlant des programmes scolaires, le fait qu’il faut améliorer « l’offre » aux lycéens.

Bas les masques, le mercantilisme avance maintenant à visage découvert. Pourquoi se cacherait-il ? Ces deux exemples me semblent être représentatifs d’une dérive amorcée il y a bien longtemps qui parvient aujourd’hui à ses fins. Si le principe de la carotte n’est en rien critiquable, en revanche celui de l’adosser à une somme d’argent, quelle qu’elle soit est à mon sens totalement anormal. En effet, que suggère-t-on aux étudiants ? Que le travail est utile à la réussite ? Qu’apprendre fait avancer ? Que grandir c’est être responsable ? Que la différence entre les êtres n’est pas monétaire ? Loin s’en faut ! On leur inculque dès le premier âge, que la seule source de motivation dans la vie, c’est de s’enrichir, de gagner plus, que le travail n’est qu’un outil au service du porte monnaie.

Quant aux mots employés par Monsieur de Robien, sur le fond, je ne me prononcerai pas d’autant qu’il n’est pas rentré dans les détails, mais sur la forme … « L’offre » est clairement un terme de marché, de marketing. La phrase consacrée étant « adapter l’offre à la demande ». Mais, où va-t-on ? Depuis quand l’école est-elle un produit comme les autres, depuis quand les élèves (dont j’ai été, est-il utile de le rappeler) devrait décider d’un programme ? Depuis quand offre-t-on, propose-t-on ? L’école est obligatoire, si elle l’est, c’est pour éviter que les enfants travaillent aux champs ou dans les usines et afin d’obliger les moins motivés ou les plus démunis à acquérir un minimum de savoir. Si l’école est « offerte », c’est uniquement dans sa gratuité, pour le reste, ce n’est pas aux élèves de décider du plat que l’on va leur servir, nous ne sommes simplement pas au restaurant.

Quand décidera-t-on que professeurs, proviseurs et l’encadrement ont une autorité, que cette autorité n’est pas négociable ? Quand rétablira-t-on le « pouvoir » des adultes en milieu scolaire ? Quand cessera-t-on de jeter au pilori les vieux, les grands, les savants, les tenants de la connaissance ?

J’ai peur que seule compte désormais la capacité de l’individu à générer du cash, que l’effort pour l’effort soit définitivement jeté au rebus, j’ai peur que l’école, bastion de la laïcité et de l’égalité finisse par devenir un supermarché de l’enseignement où chacun choisira sur des critères d’apparence et de bon vouloir : ce prof est nul, cette instite est moche, ce cours est rasoir, je zappe.

01.01.2006

Tout peut-il être dit ?

Je l’ai écrit et répété, je ne commente pas l’actualité sur ce blog. Nos chers media ne se faisant plus que très peu l’écho des remous occasionnés par les caricatures du prophète, je peux maintenant sereinement regarder les faits ou, au moins, ceux que l’on veut bien nous présenter. Pardon cependant à mes lecteurs, le ton est ici plus tranché qu'à l'habitude ... le plat est sans doute encore trop chaud.

En un seul dessin, nous avons vu 3 antagonismes violents se déchaîner : l’opposition liberté d’expression contre respect des religions, l’opposition Islam, christianisme et enfin l’opposition laïcité, religiosité. Apparemment, aucun n’étaient conciliables ou aujourd’hui réconciliables !

Je vois quant à moi plusieurs faits inquiétants dans l’attitude des uns et des autres que l’on s’escrime à opposer.

Préambule

Qu’on le veuille ou non, l’Islam présente quelques différences notables avec le christianisme (outre les divergences strictement religieuses et dogmatiques) : tout d’abord, il est plus jeune (450 ans approximativement), ensuite, il définit la vie de la cité comme régie par les lois divines. Cela abouti à deux conséquences à mon sens majeures : la notion de démocratie ne revêt pas le même sens : l’homme, en prétendant remettre les lois en cause par le jeu du vote viendrait de facto juger les commandements divins (impensable). Par ailleurs, 450 ans, cela fait autant de différence entre un homme de 15 et un de 20 ans, un de 60 et un de 45, inutile de faire une longue explication pour comprendre que la maturité n’est pas la même, les objectifs sont différents et … le dynamisme aussi. Le peuple musulman ne voit tout simplement pas les choses comme nous et c’est son droit le plus strict.

Liberté d’expression et religiosité

A lire certain journaux (Charlie Hebdo entre autres), on comprend aisément les limites de la sacro sainte « liberté d’expression ». Philippe Val est sans doute de ceux qui affirment que l’époque a « tué Dieu » en faisant fi des millions d’êtres humains qui y croient encore, dès lors, il est compréhensible qu’il ne les respecte pas (puisqu’à ses yeux, ils n’existent pas). La liberté d’expression, à l’instar de la démocratie trouve ses limites dans l’intelligence de ceux qui l’utilisent. Quand, les tenants de l’absolu non censure auront définitivement mis à bât toutes les valeurs occidentales et orientales, il est vraisemblable qu’ils critiqueront la liberté d’expression au motif qu’elle aura fait brûler jusqu’à leur fond de pantalon ! Je fais une différence entre France Soir (premier journal français à publier ces caricatures - voir note en bas de page) qui « informait » et les journaux qui ont ré imprimés ces dessins. En effet, ces derniers n’ont fait que provoquer et - comble pour un Philippe Val - multiplier le tirage et les profits ! Capital quand tu nous tiens ! « Je ne suis pas d’accord avec vous mais je ferai tout pour que vous puissiez le dire » est la bannière dont se drapent les pseudos intellectuels pour justifier de publier les fameux dessins. Que n’ont-ils pas écrit de longs articles, des éditos incendiaires ou simplement explicatifs ? Je les aurai lu ! Non, ils ont préféré remuer le couteau dans la plaie, réitérer l’offense (quoi qu’on en pense ou dise), remontrer l’objet du délit alors qu’ils auraient pu le décrire et expliquer. Non, une image est bien plus parlante et la liberté d’expression permet tout ! « Il est interdit d’interdire » disaient-il !

Que l'on s'entende bien, le licenciement du directeur de France Soir (par un dirigeant égyptien, pays où les caricatures ont été publiées bien avant et sans y faire de remous particuliers) me semble anormal, les réactions dans le monde musulman, hors de proportion et sans aucun doute téléguidées. Cela étant, cela ne justifie encore une fois pas l'irrespect, l'huile sur un feu déjà bien entretenu et la provocation gratuite.

Ajout en date du 5 mars.

Après quelques recherches sur les événements liés à la publication de ces caricatures, il semble avéré (qui en doutait) que les foules moyen orientales (entre autres) ont été largement trompé par quelques imams extrêmistes. Suite à mes lectures et notamment à la position de certains musulmans quant à la dimension "sacrée" de la liberté d'expression, un doute m'étrignit.
Malgré tout, je continue de penser que si France Soir ne peut être taxé de provocation, il n'en est pas de même pour Charlie Hebdo. Il se peut cependant que je fasse une erreur de débat : en l'espèce, il ne s'agit pas de liberté d'expression contre religion mais de bêtise contre intelligence.

Pour en savoir plus sur le déroulement des événements liés à la publication de ces caricatures, je vous renvoie à ce très factuel déroulé publié sur Wikipédia : le déroulement

02.11.2005

L'abandon d'un blog

Au commencement, il y a l'envie de partager quelques idées, d'être critiqué, enrichie.

Puis vient le temps d'une sorte de lassitude liée sans doute au peu de maîtrise du blog et des ses règles et limites

Enfin, quelques mois après l'abandon, une visite vous fait réaliser que vous avez de nombreux visiteurs (enfin, à mon niveau). Là, vous vous demandez : Mais pourquoi ne s'expriment ils pas ? Et vous n'avez pas de réponse.

Alors, vous reprenez votre clavier et espérez cette fois, des commentaires. A bientôt.

12.09.2005

DIEU

Sujet sur lequel il est très vraisemblable que je revienne encore longtemps.

Dieu existe-t-il ? Non seulement je le crois mais j’en suis certain et m’en suis même apporté la démonstration. D’aucun « croit » que Dieu ou toute autre notion similaire n’existe pas (ce qui est tout aussi vraisemblable que son existence) au motif principal qu’il est une invention bien pratique pour nous soutenir dans notre petitesse individuelle ou même que si « Dieu » existait, il ne laisserait pas faire toutes les atrocités qui parcourent notre histoire.

Tout d’abord, si l’homme est indéniablement petit individuellement (sauf exceptions notables), en groupe, communautés, nations, groupe de nations, races, genre, il est loin de l’être. Arrêtons-nous quelques minutes sur notre histoire. Nul besoin de connaître celle-ci dans ses détails pour se rendre compte qu’à l’évidence, l’Homme s’est fait grandir dans tous les domaines : technique, médical, philosophique, éducatif, … chaque pas de l’humanité tend vers le mieux. L’énigme du Sphinx est pourtant claire : l’homme et l’humanité ont des destins rigoureusement identiques. De même que l’enfant, l’humanité est élevée (au sens premier du terme que chaque parent devrait ne jamais oublier), de même que l’enfant, malgré des règles, des interdits et une éducation qui lui dit ce qui est bon et ce qui est mauvais, malgré tout cela l’humanité fait des « bêtises », s’arrête en chemin, dérape, recule même parfois, mais le sens commun de leur histoire est de grandir. Grandir vers quoi ?(1)

Je le crois, le sens de l’histoire est l’amélioration. Pourquoi améliorer les choses si ce n’est parce que la majorité d’entre nous, certains grands hommes ou les forces qui commandent un groupe tendent vers Mieux ? Mais alors, où nous mène ce « mieux » ? A la mort ou à la perfection. De fait, si l'homme (individu) meure, l'humanité elle continue de vivre. Il nous reste donc la perfection.

Cette perfection, je l’appelle Dieu. Dieu existe parce que nous tendons vers lui et parce qu’il n’y a aucune autre raison que l’humanité veuille ainsi s’élever. En effet, n’est-il pas légitime de se demander quelle force pousse l’homme à ainsi s’améliorer ? Quelle est cette tendance qui semble naturelle si ce n’est Dieu, ou l’amour, ou Allah, ou même encore Le Grand Architecte de l'Humanité, on l’appelle comme on voudra ?

Quant à savoir si Dieu permettrait les guerres, les génocides, les famines et les maladies, stupidité que de penser l’inverse. Quel enfant apprend sans jamais se mettre en danger, sans jamais braver les interdits ? Quel enfant grandi si ses géniteurs ne le laissent pas essayer ses ailes au risque de se rompre le cou ? Quel enfant s’élève sans trébucher parce qu’il regardait vers le haut. L’histoire nous livre sans cesse des exemples d’avancées proprement extraordinaires nées de la pire fange. Certains diront que seules les révolutions ont su nous faire grandir, peut-être (je ne crois pas) mais quand bien même, nous avons grandis avec les écorchures de notre enfance dont nous avons appris.

Je me différencie sans doute de quelques uns en prétendant qu’à titre individuel, bien que l’homme soit microscopique, il est Dieu, au même titre que Dieu lui-même. Je suis Dieu comme chacun l’est. Attention, de même qu’en l’embryon il y a tout ce qui fera l’adulte sans qu’il n’y ait rien de visible et de fini, il y a en nous, tout le « potentiel » de Dieu (2), certain en sont plus proches (mais bien loin) d’autres en sont à des années lumière mais, pour tous, le potentiel est le même. Loin d’être prétentieux il m’a fallut d’énormes efforts, de fondamentales périodes de doute et une solitude infinie pour arriver à accepter ce qui me semble aujourd’hui évident. Naguère, comme beaucoup d’entre nous, il m’arrivait de prier. J’invoquais un Dieu extérieur, omnipotent, omniscient, infini et surtout sans adresse précise. Mes déboires étaient siens, mes erreurs lui étaient imputées sans vergogne et mes malheurs évidemment étaient le fruit de son égoïsme à ne pas avoir voulu se préoccuper de mes problèmes. Maintenant que « je suis » Dieu (« je suis celui qui est (qui suis) »), les choses se compliquent singulièrement : tout d’abord, l’adresse est connue : c’est moi ! Ensuite, si je suis Dieu, je n’en suis qu’une infime graine, si toutes les promesses sont là, les réaliser est une autre paire de manches. Toute la difficulté est là : là où je priais l’autre, je ne m’en prends plus qu’à moi-même, là où je maugréais sur un quelconque concept, je n’ai plus qu’à me regarder dans une glace ! Comprenez-moi bien, il ne s’agit pas de considérer ma vie comme un bateau seulement gouverné par moi-même, il s’agit bien au contraire d’en prendre la barre en regardant autour, en tentant de faire le bien, de vivre honnêtement tout en ayant un objectif qui brille dans le très lointain : être Dieu ! Dieu n’est plus le juge, le maître d’école auquel on doit obéir, la béquille ou le monte charge ; Dieu est le but absolu, individuel et humain.

Atteindre un tel but est impossible seul, c’est pourquoi chacun a besoin de l’autre pour échanger et apprendre, pour monter plus haut. C’est pourquoi, là encore, Dieu (comme entité parfaite) existe, parce que la somme de nos potentiels construit chaque jour un tout lumineux qui, même si l’humanité ne le discerne pas, guide ses pas à chaque seconde (voir l’article intitulé « le sens de l’histoire »).

(1) Il est intéressant de constater, sur la ligne de ce parrallèle entre homme et humanité, que dès la conception, l'homme a un "destin" particulier. En effet, à la suite de la rencontre de l'ovule et du spermatozoïde, une cellule se forme. Cette cellule se dédouble de façon permanente et indifférenciée pendant 13 jours. Au 14ème jour (pas 13, ni 15 : 14), toutes ces cellules qui, encore une fois sont toutes identiques, se spécialisent et deviennent qui un poumon, qui un coeur ou qui encore un poil ou une dent.
Il est amusant de noter qu'à ce jour, personne ne sait pourquoi d'un mouvement de dédoublement linéaire on passe tout d'un coup à un mouvement "pensé", non linéaire et différencié. Pourquoi, tout d'un coup, sans raison apparente ou connue, la cellule devient "du jour au lendemain", un homme en devenir.

Pour ceux que cela intéresse et qui verse dans ce genre de question, on peut s'amuser à rechercher la symbolique du chiffre 14.

(2) Continuons notre parrallèle avec l'embryon : L'embryon à 14 jours n'est pas un homme, il ne ressemble en rien à un homme, mais il a en lui Tout l'Homme : tout le potentiel de l'homme est là, il ne manque rien ni même, à en croire les généticiens, ses futures maladies.

04.09.2005

LA PERFECTION

Je suis las des gens qui vous tancent parce que vous vous exprimez sur ce qu’il faudrait faire alors même que vous ne le faites pas vous-même !

Mais quoi, il faudrait être parfait pour parler de perfection ? Non, pour parler du beau, il faut seulement savoir qu’il existe (et encore, le beau comme la liberté n’existe que par comparaison – les philosophes me contrediront sur ce point, je le sais, le beau, le bon et le vrai sont des notions absolues), en avoir conscience et peut-être le vouloir (et encore).

Chacun à sa mesure doit faire ce qu’il peut pour faire mieux et chacun, consciemment ou pas, tend vers la perfection. Ce simple fait donne droit de conseiller, « juger », aider, montrer une route.

Quel mal est le pire : juger (je n’ai pas écrit « punir ») l’erreur de l’autre ou le laisser dans l’erreur ?